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Elu de la semaine

M.Hamadou SAWADOGO
M.Hamadou SAWADOGO, Président de la Délégation Consulaire Régionale du Plateau central

El Hadj Hamadou SAWADOGO: l’avocat des transitaires et transporteurs du Burkina Faso

Il s’appelle El Hadj Hamadou SAWADOGO ; commissionnaire agréé en douane, il exerce dans le domaine du transit, du transport et du commerce. Ex employé de la CICA (actuelle CFAO), où il a travaillé pendant une dizaine d’années, avant de rejoindre la SAG (Société Africaine de Groupe), devenue SNTB (Société Nationale des Transits du Burkina) au sein du groupe Bolloré.  M. SAWADOGO a également exercé dans bien d’autres structures burkinabè. L’expérience acquise, finalement il se résout à voler de ses propres ailes en se lançant dans l’entreprenariat privé. Du transport des agrégats, des marchandises, des conteneurs et des hydrocarbures en 1987, El Hadj Hamadou obtiendra l’agrément du métier de transit en 1997. Aujourd’hui, grand patron dans l’activité de transit dans la sous-région, monsieur SAWADOGO est un acteur clé de la Chambre de Commerce et d’industrie du Burkina Faso. Elu Président de la Délégation Consulaire Régionale du Plateau Central (DCR/PC) à l’issue des élections consulaires de 2016, El Hadj Hamadou SAWADOGO a bien voulu partager, avec « Infos Consulaires », son expérience engrangée dans un riche parcours. 

Infos Consulaires : Qu’est-ce qui vous a conduit dans l’entreprenariat et particulièrement dans le secteur du transport et du transit ?

El Hadj Hamadou SAWADOGO (HS) : C’est par un simple concours de circonstances que je me suis retrouvé dans l’entreprenariat. Je me suis lancé dans le transit par amour. A l’époque, c’est-à-dire en 1981, il n’y avait pas beaucoup de transitaires. J’ai commencé sans formation et c’est par la suite que j’ai vu la nécessité de me former en transit. J’ai donc été formé dans une des écoles de la Chambre de Commerce, en l’occurrence l’Ecole des Professions Commerciales (EPC), enseigné à l’époque par les inspecteurs des douanes avec comme Directeur des Etudes M. Léopold OUEDRAOGO et M. KABA Mathias comme surveillant Général.  Nous étions à peine 44 diplômés sur l’ensemble du territoire en son temps. J’ai dû compléter ma formation par des stages en France, en Belgique et principalement en Tunisie dans le domaine du fret aérien sur les produits dangereux. N’ayant plus rien à prouver, j’ai donc décidé, après ma formation, d’évoluer formellement à mon propre compte.

Infos Consulaires : Vous créez ainsi « Tilgui Transport Transit (TTT) » ; parlez-nous de cette entreprise.

HS : Créée en 1990  « Tilgui Transport Transit (TTT) » a évolué au fil du temps ; et aujourd’hui nous sommes pratiquement dans toutes les frontières avec des représentations au niveau des ports des pays voisins. Pour ce qui est de l’organigramme, nous avons une direction générale, des agences à Ouaga-inter et à l’aéroport. Mais il faut noter que j’ai confié le volet transport à un de mes fils car c’est trop stressant pour quelqu’un de mon âge.

Infos Consulaires : concrètement quelles sont les activités que vous menez ?

HS : Les activités que nous menons au niveau des frontières sont le transit des marchandises pour les acheminer dans les bureaux principaux qui se trouvent à Ouagadougou, Bobo Dioulasso. Au départ nous avions un portefeuille de près d’une centaine de clients. Parmi eux, beaucoup n’arrivaient pas à honorer leurs engagements financiers. Mais grâce aux crédits que les banques nous accordaient, nous arrivions à faire sortir les marchandises dans des délais qui satisfaisaient nos clients avec un crédit d’enlèvement en douane. Mais avec le temps, nous avons dû redimensionner notre approche pour ne retenir que les clients les plus solvables, entre 10 et 15 clients ; ce qui nous permet d’équilibrer nos comptes et de renforcer notre performance et même d’atteindre nos objectifs.

Infos Consulaires : Après tant d’années, comment se portent vos affaires aujourd’hui ?

HS : J’arrive à tenir bon même si avant c’était encore mieux. Aujourd’hui, avec la concurrence et la multiplication des transitaires fantômes (vendeurs de cachets), c’est un peu difficile, mais nous rendons grâce à Dieu. Dans l’ensemble ça va car je fais toujours partie de ceux qui exercent le métier.

Infos Consulaires : Qu’est ce qui explique cette pérennité et cette prospérité de votre structure ?

HS : Comme j’aime le dire, il faut être sérieux, rigoureux et responsable dans tout ce que l’on fait. Il faut aussi savoir choisir ses clients, ses partenaires et être surtout crédible au niveau des banques. Je fais l’effort de mériter la confiance de mes partenaires, convaincu que lorsque l’on prend des engagements, il faut absolument les respecter.  Au niveau de l’Administration des douanes, j’ai toujours eu un crédit d’enlèvement qui est adossé à une caution bancaire ; cela veut dire que chaque année il faut le renouveler. Du coup, si vous avez des arriérés il faut les payer et jusque-là, nos crédits d’enlèvements sont renouvelés sans problème. Tout cela fait qu’on arrive à sortir la tête de l’eau.

Infos Consulaires : Pensez-vous que votre réussite dans les affaires est aussi liée à votre réseau relationnel ?

HS : Quand vous fréquentez des anciens de votre domaine, ils vous font connaitre le milieu et vous recevez beaucoup de conseils. Mes relations ont effectivement un impact positif sur mes affaires.  Très jeune, je me suis lancé dans ce milieu, j’ai côtoyé des opérateurs économiques et j’ai gardé de bonnes relations avec eux. L’autre facteur qui agit fortement sur la prospérité des affaires, c’est la confiance des partenaires ; mieux vaut travailler avec un portefeuille clients réduit mais qui se bâtit sur la confiance mutuelle.  En résumé, le relationnel est un facteur très important, mais le sérieux et la crédibilité sont des éléments essentiels.

Infos Consulaires : Combien d’emplois sont créés par votre entreprise et quels sont les profils de vos employés ?

Il faut dire que nous avons créé près d’une cinquantaine d’emplois permanents et non permanents. Nous travaillons plus avec les techniciens c’est-à-dire des agents qui ont une formation de déclarant en douane et des agents dans le domaine du transport, logistique et manutentionnaire ; le transit est un domaine technique qui nécessite que l’on connaisse bien le travail. Vous savez, en douane il n’y a pas d’erreur acceptable ; quand vous faites une erreur cela peut être assimilé à une faute donc naturellement des amendes. Il faut avoir des hommes compétents pour faire le travail. Au niveau de ma direction, il y a sept personnes avec qui je travaille en parfaite synergie.   

Infos Consulaires : Vous avez une riche expérience dans les affaires ; quels conseils donnez-vous aux jeunes porteurs d’idées de projets qui souhaitent emboiter vos pas ?

La jeunesse burkinabè doit apprendre à s’auto- suffire. Toute entreprise doit se réaliser avec les moyens de bord. On ne doit pas s’attendre forcément à faire comme les autres. Il faut se satisfaire de ce que Dieu nous a donné. Je dis cela parce que les gens ont tendance à courir derrière l’argent ; mais il faut savoir qu’en toute chose il y a des limites. On ne devrait pas oublier Dieu. L’on n’a jamais vu des gens habiter dans plusieurs maisons à la fois donc il faut se contenter de ce que l’on a et chercher la bénédiction de Dieu. Il faut être humble et rester soit même. Ne pas vivre au-dessus de ses moyens. En outre, il est important de se rappeler que la richesse est relative et quelque fois éphémère ; une personne peut être riche mais très endettée. En tout, il faut savoir raison gardée. Le riche est celui qui se suffit de ce que Dieu lui a donné et il n’y a pas plus pauvre que celui qui ne se contente pas de ce que Dieu lui a donné.

Infos Consulaires : Quelles sont les perspectives pour votre entreprise ?

HS : J’envisage construire quelques magasins et renforcer certains de mes bâtiments ici au pays ainsi qu’à l’extérieur.

Infos Consulaires : Qu’est-ce-qui peut être fait pour booster l’activité des transitaires ?

HS : Il faut d’abord que l’Etat combatte les clandestins (les vendeurs de cachets) qui s’interposent entre les transitaires agréés et la Douane alors qu’ils n’ont même pas une adresse précise.  Il faut également que l’administration douanière vole à notre secours pour qu’on puisse professionnaliser davantage le secteur. Au niveau du transport, pour avoir été responsable d’une des associations de transporteurs, je puis vous dire qu’il y a encore plus de pagaille. Certains pensent qu’il suffit d’avoir les moyens de se payer un camion pour se déclarer transporteur. Je pense donc qu’il faut impérativement réorganiser le secteur pour permettre aux acteurs d’exercer dans la sérénité toute chose qui augmentera les retombées pour l’Etat.  L’une des mesures qui va beaucoup soulager les transporteurs, c’est le renouvellement du parc automobile et le projet, en cours, de mise en place, par le Ministère en charge des transports,  d’une faitière de tous les syndicats et groupements de transporteurs.

Infos Consulaires : Parlons maintenant de votre engagement au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie.  D’homme d’affaires, vous êtes aujourd’hui élu consulaire ; qu’est-ce qui vous a motivé à intégrer les instances de cette institution ?

Depuis 1987, je m’intéresse aux activités de la Chambre de Commerce que je fréquente depuis lors.  Nous avions mis en place en son temps une association des transporteurs d’agrégats, et à chaque fois, la Chambre de commerce nous offrait gracieusement sa salle de conférence pour nos rencontres. Progressivement, j’ai appris à mieux la connaître et à aimer ce qu’elle faisait. En 2001, je me suis présenté, pour la première fois, aux élections consulaires sous la bannière des transitaires.  Après mon élection, Feu le Président El Hadj Oumarou KANAZOE a eu confiance en moi et m’a confié la présidence de la Commission du secteur privé qui était à l’époque la commission la plus importante à son second mandat.

Infos Consulaires : Pour la mandature en cours, vous avez été élu Président de la DCR du Plateau Central.  Comment en êtes-vous arrivé là ?

Etant de la province du Kourwéogo, j’ai été sollicité par les fils et filles de la province pour rester dans la compétition. Dans cette province par respect pour ma personne, il n’y avait pas de concurrents, mais le problème qui se posait est qu’il fallait s’imposer au niveau régional et c’est là que se trouvait la difficulté. Mais lorsqu’on met Dieu au-devant de toute chose, on n’est jamais déçu. Et c’est ainsi que j’ai été élu Président de la DCR du plateau central, depuis novembre 2016.

Infos Consulaires : Comment voyez-vous l’avenir de la Chambre de Commerce et d’Industrie ?

Nous n’avons pas le droit d’échouer notre mission car nos devanciers, Feu El Hadj Oumarou KANAZOE, El Hadj Djanguinaba BARRO, Monsieur Lazare SORE, Lassiné DIAWARA, André AUBARET, Paul BALKOUMA ……… pour ne citer que ces personnalités, ont beaucoup travaillé et se sont investis pour que la Chambre de commerce soit ce qu’elle est aujourd’hui. Elle est l’une des Chambres de commerce les plus prestigieuses de l’Afrique et elle a été bien gérée depuis sa création. Il faudrait donc que nous- aussi, nous emboîtions leurs pas pour bien la gérer au profit des générations futures. Nous avons des agents dévoués et compétents. Nous sommes en train d’investir à Bobo Dioulasso et à Ouagadougou et dans les autres régions qui n’ont pas de sièges. Ces dites régions qui n’ont pas de sièges l’auront d’ici la fin de la mandature. Nous avons de grands projets qui contribueront à propulser la chambre de commerce.

Infos Consulaires : Dans quelle ambiance travaillez-vous avec les autres élus consulaires ?

Avant les élections, mes relations avec les autres élus consulaires étaient quand même houleuses et très tendues ; mais c’était de bonne guerre. Après les élections qui se sont bien déroulées, M. Mahamadi SAVADOGO a été élu Président de l’Institution, et dans un esprit de fairplay, nous l’avons félicité. Actuellement, il y a une bonne collaboration et le respect mutuel s’est instauré. Nous n’avons pas de problème. Nous discutons de façon démocratique, avec une liberté de ton, pour faire avancer les choses.

Infos Consulaires : Y a-t-il des personnalités au sein de la Chambre de commerce qui vous ont véritablement marqué ?

Ah oui ! Au sein de l’institution, il y a le Directeur Général, Issaka Kargougou que je respecte vraiment. J’échange régulièrement avec lui. En plus d’être un ami, un jeune frère, il est un agent respectueux, intellectuel, sociable et discret. Il donne de très bons conseils. Au niveau des élus consulaires, nous avons des doyens comme NANA Boureima, Sékou HAIDARA et naturellement avec l’ensemble du bureau consulaire avec qui je sympathise. J’échange beaucoup avec eux, on se respecte même s’il y a souvent des divergences de point de vue ; mais cela est normal. Il y a bien d’autres personnalités à la CCI-BF qui se distinguent mais je ne pourrai pas citer tous les noms ici. Dans tous les cas, l’équipe actuelle est formidable.

Infos Consulaires : En tant que Président de la DCR/PC, quelles sont vos ambitions pour la région ?

J’aimerai laisser aux jeunes générations une DCR performante. Il est vrai que nous avons déjà eu la construction du siège qui s’est limité au rée de chaussée, mais l’ambition est aussi de pouvoir obtenir les R+3 parce que la région n’a pas encore un bâtiment de cette envergure et cela nous permettra d’avoir des entrées de fonds. La deuxième ambition est d’avoir beaucoup de fonds pour aider et accompagner les acteurs économiques notamment ceux du secteur informel afin qu’ils soient formels. Et des petites unités industrielles de transformations par province pour les jeunes travailleurs et un appui pour les femmes entrepreneurs.  Je reste optimiste car nous allons y arriver.

Infos Consulaires : Quel bilan à mi-parcours faites-vous de vos actions depuis que vous êtes à la tête de la DCR/PC ?

A mi-parcours, le bilan est positif parce que nos projets tels que les parrainages, les conférences, les formations, les séminaires, la pose de la première pierre pour la construction du siège de la DCR/PCL, la cérémonie de remise de chèque pour les prêts d’honneur et les Assemblées Générales dans toutes les provinces, ont été réalisés à 80 %. Je pense que c’est vraiment important. Actuellement, toutes les institutions créées auprès de la DCR du Plateau central fonctionnent bien ; il s’agit notamment du Centre de formalités des entreprises (CEFORE), du Centre des formalités des actes de construire (CEFAC) et l’Initiative Plateau Central qui offre des prêts d’honneur. Au niveau de la collaboration, nous avons un bureau dynamique régional, nous avons un personnel coopératif et compétent, avec à sa tête Madame ZONGO Bintou. Nous n’avons pas de difficultés au sein de la région car lorsque nous avons une activité, nous sommes soutenus par Madame le Gouverneur de la Région, le Président du Conseil Régional, les Hauts- commissaires, les services déconcentrés, ainsi que les opérateurs économiques de la région. Jusque-là nous arrivons à tenir les réunions statutaires du bureau et les Assemblées consulaires.

Infos Consulaires : Avez-vous un dernier message à l’endroit des hommes d’affaires de la région du Plateau central ?

Je voudrais leur dire que la Région regorge de grands opérateurs économiques parmi lesquels on compte, au moins de trois vices présidents dans le bureau national. Il s’agit notamment de El Hadj Boureima NANA, El Hadj Inoussa KANAZOE et moi-même El Hadj Hamadou SAWADOGO.  Nous avons également el Hadj Aziz COMPAORE, El Hadj Moussa KOUADA et Hadja Maimouna Henriette KABORE Présidente de la maison de l’Entreprise. En plus d’eux, il y a des jeunes qui émergent dans les affaires. Je pense donc qu’ensemble, main dans la main, nous contribuons au développement du Plateau central. Mon appel est donc celui de l’unité, de la cohésion et de l’engagement solidaire. Nous sommes, sur le plan économique, l’avant dernière région pour ne pas dire la dernière. Mais en tant que Président, je crois en l’avenir et au développement du Plateau Central.

Qu’Allah nous donne longue vie et bénisse le Burkina Faso!